Je vous présente « accent tonique »

accent tonique-arnoldo patuzzi

Tel un petit rayon de soleil qui, dans un jour d’été, éclaire en un millier de fragments la surface de l’eau ainsi l’accent tonique est là pour faire briller, en toute sa royauté, une partie du mot en question. La plus éclatante, la plus importante, la plus tonique !

Comme s’il s’agissait d’une zone géographique, d’un endroit privilégié qu’on ne peut pas s’empêcher d’exalter au détriment des autres voyelles. Elles voudraient être considérées toutes au même niveau, sauf que, « accent tonique » impose sans négociation possible une hiérarchie en leur disant : « C’est à travers moi qu’on saisit le noyau de la parole ! »

Parbleu ! Qu’il est hautain cet accent tonique !

Pourtant, sans cette « zone » accentuée on ne saurait pas où pointer le doigt et d’où, éventuellement, laisser échapper un cri de colère… qui sait ! On peut toujours s’amuser avec cet accent tonique un brin rhétorique en lui répondant avec emphase : « Ça suffit ! BASTA ! »

Le problème (j’exagère sciemment) est, sans doute, que ce fameux accent tonique n’est pas si employé dans la langue française ou, du moins, la préférence semble être donnée à une exigence d’équilibre à l’intérieur des mots. Ne suffisent-ils pas ces impertinents accents aigus et graves ? Pourquoi déranger l’esprit de géométrie et de finesse que cette langue illustre si bien ?

Je pourrais paraître peu courageuse, mais tel est le respect que je porte envers cette langue que ce serait loin de moi de la malmener ou de la bousculer des tous côtés en l’abaissant au jargon d’internet. « Done », « Check », « Lol », « Cool »… Ce n’est pas vraiment du français. Ce qui ne veut pas dire, non plus, que je suis une fanatique d’un français « dépouillé » ou trop « épuré ». Au contraire, quand le correcteur automatique dit « familier » et « argotique » je m’assure de ne pas le changer avec un autre mot plus soutenu. Mon unique erreur (si on veut l’appeler ainsi) c’est d’assumer une attitude déférente, quand je le retiens opportun…

Ce que j’ose, par contre, c’est de ne pas oublier l’accent tonique si cher à la langue italienne. Mis à part le fait que pour un français l’ensemble d’un mot italien apparaît accentué – eh oui, nous avons le vice ancestral de tout souligner ! – la syllabe « percutée » devient encore plus sonore que les autres, s’allonge telle l’Olympia de Manet…

accent tonique-olympia

Elle semble dire :

Che    tu   sia    pallido o risplendente

Sole  parigino

Ti   saprò  cogliere.

(Que tu sois pâle ou resplendissant

Soleil parisien

Je saurai te cueillir).

C’est en effet dans ce sens un peu « vacancier » (sommes-nous au mois d’août, n’est-ce pas ?) et poétique que j’aime penser à l’accent tonique. L’intérêt à traiter les différents sujets d’un ton didactique est, dans ce cas, faible, sinon existant. On peut très bien s’aventurer dans les tréfonds d’une question tout en restant ludique et surtout, en s’amusant.

C’est pourquoi la première image que je lie instinctivement à l’idée d’accent tonique est une photo d’autrefois, celle d’un grand-père à l’allure sportive qui, sur la plage, montre avec fierté sa silhouette bien musclée et sculptée. Il apparaît tonique tout comme « l’accent tonique ». Il est bronzé, teutonique, tel un homme du Nord Europe en vacances dans un sud qui l’échauffera et le remplira de vitamine D…

« Accent tonique », lui aussi aime les rayons de soleil, les teints forts qui frappent, mais il possède également le flair pour deviner le point de fuite d’une composition. Que ce soit d’un tableau, d’une photographie et, pourquoi pas, d’un événement ou d’une pensée qui touche à la fois le cerveau et les sens.

« Accent tonique » est donc un nouvel ami qui me donne envie de m’exprimer en battant le temps là où l’inspiration le dit. Pour lui faire honneur, l’une des catégories de ce blog (la première) porte son nom et, afin de ne pas le décevoir, je ne m’attaquerai pas, avec lui, à des sujets trop fades. Je laisserai au contraire à une autre amie, « Pomme de terre » (que je vous présenterai au moment venu) le privilège d’être l’hôtesse de tout ce qui apparaît « sans saveur », mais qui, au contraire, est plein de goût. Celle-ci est une autre histoire…

Enfin, pour revenir à notre cher « accent tonique », j’ajouterai en guise de conclusion :

On est à la fin d’un prologue, mais pas à la fin de l’été !

PROFITEZ-EN AU MAXIMUM !

« Accent tonique » vous encourage et vous souhaite,

PANE, AMORE  E FANTASIA !

Lien vers une scène du film de Luigi Comencini: pane amore e fantasia

Gabriella Merloni

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