#Twittographie : « carnet de bord d’une hyper connectée. »

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Le fait d’imaginer ma « TweetLine » comme une boîte à réflexions (anarchiques et cohérentes à la fois) m’a donné l’envie de réaliser un petit carnet de bord du mois janvier. Histoire de retenir, ne serait-ce que pour un fugace laps de temps, le flux incessant de considérations qui, depuis le début de l’année, ne cessent de s’entasser les unes sur les autres dans mon espace Twitter…

Nous vivons, en effet, dans une époque où les produits, autant matériels qu’immatériels – comme c’est le cas, par exemple, de la pensée et de l’ensemble d’informations que l’on reçoit à travers internet – sont « consommés » à grande vitesse et ils « existent » sur la toile grâce à la frénésie de l’instant présent. Quelques minutes pour lancer des cailloux dans la mer et seulement quelques secondes pour les voir s’éloigner sous l’impulsion de pressantes vagues !

Dans ce temps où la mémoire se fait esclave de la présence virtuelle (qui semble demander une sorte de « connexion permanente » au détriment d’une vie plus lente et, sûrement, plus saine) et du degré de « performance » que celle-ci incite à développer, s’arrêter un moment pour garder à l’esprit la succession quotidienne des événements ne peut être que salutaire…

Mon malaise d’internaute m’a donc poussée à lutter contre l’oubli de cette « mer » changeante et à utiliser ce matériau brut (les « tweets ») sous forme d’un mémorandum que l’on pourrait lire à la manière d’une liste de courses, d’un slogan, d’un journal intime, d’un souffle poétique réintégré dans un autre contexte…

Gabriella Merloni

The Final Cut

crédit photo: Gabriella Merloni

crédit photo: Gabriella Merloni

Je dédie à tous les coups durs de la vie, aux ruptures (amoureuses, amicales, professionnelles…), aux moments où une réflexion intime sur l’essence des rapports humains s’impose, un poème chanté. Il s’agit d’une expérimentation voix-vidéo, d’un libre flux de pensée en résonance avec un état précis, un sentiment de douleur et de prise de conscience que j’ai désiré transformer en produit artistique.

L’heure est grave comme un « accent grave » : sérieux, replié sur lui-même (on dirait qu’il va à rebours !) il médite à l’intérieur de profonds couloirs de quelques anciennes abbayes moyenâgeuses et il s’exprime parfois à travers des notes au registre « grave ». En plus de ces caractéristiques principales, « accent grave », malgré son apparence, est très délicat et demande à ce qu’on l’écoute avec finesse et intelligence ! Beaucoup de gens pourraient, en effet, penser, à tort, qu’il « s’étend » par paresse, qu’il se laisse aller à sa « gravité » pour ne rien faire…

Quoi qu’il en soit, c’est avec cet « accent grave » que je vous souhaite bonne vision !

Gabriella Merloni